[AUDIO] – Émission « BANC DIAKHLÉ DIASPORA ». 1- Me Souleymane Ndéné Ndiaye: l’Homme d’Etat se confie.

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[AUDIO] – Émission « BANC DIAKHLÉ DIASPORA ». 1- L’Homme d’Etat Me Soulkeymane Ndene Ndiaye se confie.


Comprendre Souleymane Ndéné Ndiaye avant de le critiquer

L’acharnement depuis des semaines sur la personne de l’ancien Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye, suite à sa sortie pour lancer le Rassemblement pour la pérennisation du libéralisme (Rappel), me permet de dire que ceux qui semblent être la référence en matière de critique du débat politique au Sénégal n’ont pas une bonne lecture de son approche postmoderne du libéralisme politique.

J’avoue être surpris et déçu d’entendre des sénégalais juger des propos de leur compatriote en ignorant volontairement les critères moraux sur lesquels ce dernier fonde son argumentaire. C’est un grand problème d’éthique, car pour se prononcer sur le bien ou le mal d’une quelconque déclaration de l’ancien Premier ministre, ceux-là doivent au moins disposer des connaissances et des paramètres nécessaires pour un tel exercice au lieu de le dénigrer vainement.

En effet, ceux qui opposent aux propos de Souleymane Ndéné Ndiaye leurs «dures vérités», qui les qualifient de «bas», qui prétendent l’avoir «descendu», «humilié» ou qui parlent de «trahison», n’ont certainement pas une entrée sociologique pertinente dans le débat politique du 21e siècle, d’ici ou d’ailleurs.

Mieux, ceux qui fustigent ses paroles ignorent peut-être les réalités du siècle naissant ou n’ont certainement pas lu par exemple, l’analyse des horizons moraux de la société moderne par Charles Taylor ou Jean François Lyotard qui s’appuyant sur l’idée de la fin des «grands récits» c’est à dire de l’abandon d’une vérité transcendante dictée de façon unilatérale, met l’accent sur la capacité du sujet à réintégrer une forme de liberté dans son existence pragmatique quotidienne. Ils n’ont pas connaissance non plus de la philosophie de l’amitié développée par Aristote que je cite ici «l’amitié, c’est à dire la pratique amoureuse de la mutuelle communauté entre êtres humains de valeur, est le sommet du bonheur auquel l’homme peut aspirer en ce bas monde».

Souleymane Ndéné Ndiaye a cette vertu d’amabilité. Il incarne le sommet de l’éthique personnelle dans sa relation avec le Président Macky Sall en démontrant qu’il est capable d’aimer dignement, sans trahison ni médiocrité.

C’est pourquoi, ces critiques infondées ne peuvent pas l’empêcher de manifester son amitié au Président Macky Sall et à ces hommes et femmes du Pds qui sont restés «courtois et polis» malgré leur attachement encore à cette pensée à la fois totalisante de la «constante du parti» et erronée de la «dévolution monarchique du pouvoir».

En homme libre, Souleymane Ndéné Ndiaye ne partage pas ces volontés du Pds. Il se veut, avec ses amis du Rappel, porteur d’un mouvement d’émancipation, d’un certain libéralisme qui veut déconstruire le discours politique et organisationnel qui a toujours maintenu les autres dans un rôle de subordination au Pds. Il fait du libéralisme un idéal politique qui repose sur une philosophie, une conception sociale qui trouve ses racines dans l’idée de liberté nouvelle liée au progrès. Il prône une nouvelle approche, une nouvelle morale de la liberté dans la dimension sociale et politique de l’homme du 21e siècle.

Ainsi, à la place d’un «totalitarisme» jadis vécu, il a choisi de réaffirmer sa liberté dans un libéralisme humaniste en supportant un ami digne de confiance, un Président visionnaire dont il salue les ambitions extraordinaires comme son fameux projet du ‘Sénégal numérique de 2025’ et sa pratique réelle du concept d’émergence avec la nouvelle ville de Diamniadio.

Souleymane Ndéné Ndiaye, de par ses idées révolutionnaires, devance son époque et enjambe certainement la postmodernité. C’est la raison pour laquelle en parlant de l’amitié comme lieu du politique, il déroute ses pourfendeurs sans doute dépassés par cette approche inattendue de sa critique de la régulation de la nouvelle communauté politique sénégalaise.

Enfin, je pense qu’à la place des avanies et des menaces, le regard politique des sénégalais gagnerait mieux dans un débat d’idées sur la mise en pratique politique et aussi morale de la doctrine libérale comme celui qui oppose vraisemblablement le Rappel et le Pds et qui dans le passé a opposé les Polin, deux philosophes père et fils, dans leur conception du libéralisme.

Mohamed Mboup,
fruit de l’Ucad
enseignant
Indianapolis, USA




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